Dans la famille de mon père il y avait trois frères et 3 sœurs

    1. Mon père Leibich
    2. Faygue Mirl (sage-femme
    3. Maylekh
    4. Moyché (péré d'Aron)
    5. Mindl-Dvoyrè  I          
    6. Roukhl   2           Les jumelles

Les  frères de mon père  Maylekh et Moyché sont morts tous les deux à 48 ans
Lorsque Maylèkh est décédé, mon père a pris Mindl-Dvoyrè chez nous, elle y est restée
14 ANS, jusqu'à sont mariage.
La deuxième jumelle fut placée comme vendeuse dans un magasin de sucreries à
Varsovie.

          Notre famille aimait la culture, ma mère Altè Khayè, était très active, elle avait beaucoup
de monde sous sa responsabilité  ( 6 enfants – la Grand-mère, boubè Dvoyrè – La nièce
Mindl-Dvoyrè l'ainée des jumelles ) Elle est tombé très malade, ne pouvant  se mouvoir
du lit au canapé. Les docteurs lui conseillèrent de voir un spécialiste à Varsovie.
Dès qu'elle mit le pied sur la navette qui reliait Plock à Varsovie sur la Vistule, elle ne se
sentit plus malade.

Un ami dentiste «  Goldvasser « lui donna une lettre de recommandation pour le
spécialiste. Elle arrive chez le spécialiste qui l'ausculte et lui dit qu'elle est très malade et
et n'en a pas pour longtemps à vivre. Elle lui demande si au moins elle aura le temps de
retourner chez elle ? Oui, mais dans 15 jours il faudra venir me revoir.
Elle va voir son ami le dentiste Goldvasser et lui fait part de l'entretien avec le spécialiste.
Il lui demande si elle  a montré sa lettre de recommandation ? Elle répond que Non.
Le lendemain, elle retourne chez le spécialiste et lui montre la lettre de Goldvasser.
Le docteur lui dit qu'il va l'ausculter à nouveau plus sérieusement.
Non docteur, je n'ai plus besoin de vous, je ne vous fais plus confiance.

          Voilà quelle sorte de Personne était ma mère.

Après la première guerre mondiale, nous avons marié la nièce Mindl-Dvoyrè avec un cousin
David Goldgerg, à Plock sa famille avait un magasin de meubles, ils avaient de l'argent.
( lorsque j'apprenais la broderie j'habitais chez eux à Plock ) Personne n'a survécu de
cette famille......personne.
Encore aujourd'hui je me souviens de ce mariage comme si c'était hier, il y avait 200
personnes. En ce temps là, nous avions une petite auberge sur la place du marché.
Le meilleur service, les meilleurs plats, toute la ville en à parlé.

Après ça, ma sœur ainée Esther Fayguè s'est fiancée avec Itzkhek Dimant. Un où
deux ans plus tard eu lieu le mariage. 5OO invités étaient venus de Plock,Warchè,
Loyvech, Sokholov bref, de partout.

 

Nous sommes restés 5 enfants, Marcus et Jacob au Lycée, Rosette à l'école rentraient pour 
les fêtes et les vacances avec des amis à la maison. Chaque jour il y avait des jeux à thème :
géographie, histoire, mathématiques, avec les mêmes lettres il fallait trouver le plus de mots
possible, le même livre était donné à tous, après l'avoir lu, Jocob et une amie Guénia
Eisenberg (vit actuellement en Israël) nous interrogeaient sur le sujet de ce livre,
Je m'en souviens comme si c'était hier – On me donna un livre de Geronsky (pris Nobel)
«  Histoire des péchés » on m'interrogea pendant deux heures sur ce que j'avais compris,
malgré les arguments contradictoires , je m'entêtais dans ma propre compréhension. En
fin de compte, ils m'embrassèrent sur le front en me disant que maintenant , j'étais capable
de tout comprendre.
Marcus m'emmena pour la première fois à l'opéra a Varsovie, puis au
théâtre, j'au vu un des plus grands acteurs,( Youssef Vengczyn )  je ne me souviens plus
du titre de la pièce, mais du sujet, oui. L'histoire d'une femme qui eut un enfant
« de l'amour » un garçon,  le père ne voulut pas l'épouser, elle se maria avec un autre lui
donna deux autre fils a qui elle passa tous les caprices, qu'elle aima beaucoup, tandis que le
premier, elle le négligea, Lorsque la mère devint veuve et dans le besoin, ses enfants gâtes ne
s'occupèrent pas d'elle, alors que le fils négligé prit soin d'elle jusqu'à la fin de ses jours

          Chez nous nous aimions la culture, il y avait beaucoup de livres Russes-Français-Polonais
Yiddish – les plus grands auteurs  traduits.
Marcus avait au moins 1500 livres, chaque enfant avait au moins 500 livres qu'on nous
offrait a chaque anniversaire, pas comme maintenant, on offre de l'argent.

Tous les samedis soir, nous faisions la fête, ( dans notre boutique nous vendions des
gramophones  et des disques ) Ma mère et Marcus ouvraient le bal, ensuite nous passions à
table. Nous étions au moins une vingtaine de personnes. Cela se répétait tous les samedi
soirs.

Maintenant je vais vous raconter mes années d'école :
Lorsqu'on posait une question nous levions le doigt. Le directeur et maître Mr Rikhter
dit qu'il ne m'interrogerai pas maintenant, mais en temps voulu il aurai besoin de moi.
Un inspecteur arriva de Plock, alors mon maître m'appela au tableau . En mathématique,
géographie, histoire dans toutes les matières ; je répondis à tout. « Tu vois, tu n'as pas à avoir            
honte de ta mère » Puis on me demanda de réciter un poème. Je le dis en y mettant mon
intonation. Le maître m'embrassa sur le front . Quand l'inspecteur  partit, le maître me dit
« tu vois quand j'ai besoin de toi ? Les têtes des enfants Gmach je les connais. »
En hiver, après la pluie se formait la glace et devenait une patinoire. Sur cette glace les
enfants polonais glissaient et jouaient, alors que les enfants juifs avaient peur de se mélanger
à eux, pourtant nous étions à l'école ensemble.Une jeune fille juive au bord de la patinoire
regardait les garçons jouer, arrive un garçon polonais, plus petit qu'elle  lui donne un
coup de poing dans le nez si fort qu'il se met à saigner. J'étais là à regarder la jeune fille
et lui ai demandé qui l'avait frappée. Elle désigna le garçon. (j'avais à peine 9 où 10 ans )
J'attrape le garçon, lui donne le même coup sur le nez et le fais saigner aussi.
Il se précipite chez le directeur, sa femme (qui était antisémite)dit à son mari «  tu vois
ce que la Gmakhouvna s'est permis de faire , elle a frappé ce petit.
Comme le sang de la jeune fille ne s'arrêtait pas de couler , je suis aussi entrée chez le
directeur.

          Tu vois, dit le directeur à sa femme , tu vois qu'il y a toujours une cause à l'action de la
Gmakhouvna. Il donna une claque au garçon et lui dit «  si tu recommences , je t'exclus
de l'école. Pourquoi l'as-tu battue ? Qu'est ce qu'elle t'a fait ?
J'étais un vrai chaÏguetz  à l'école , je ne supportais pas l'injustice et ne me laissais pas faire.

          J'avais déjà 17 ans, je devais aller à l'université. Les temps étaient difficiles pour mes
parents, il y avait des problèmes d'antisémitisme. Je décidais de ne pas être une charge
pour eux et d'apprendre la broderie.
Notre maison était grande, il nous arrivait de louer des chambres à la Chnédérouvna,
à un Kovalsky de Plock. Nous nous promenions un dimanche ensemble . Près de l'église en
face du restaurant un petit garçon battait un grand dadet juif qui courbait l'échine.
Je pensais que Kovalsky allait intervenir pour les séparer, il ne bougea pas.
J'ai attrapé le petit et l'ai gifflé en criant de plus en plus fort «  Tu es à peine né,
et déjà tu bats les juifs ? Et criais  « un si grand dadet juif se laisse battre par ce petit
avorton ? «  les gens sont sorti de l'église et du restaurant  et moi je criais de plus en
fort. (Personne ne bougea et ne dit mot ) car j'étais une Gmakhouvna ….
Je vais demander à tes parents s'ils t'apprennent à faire ça , »le garçon se mit à trembler
et à dire ...Non,non, ne dis pas à mes parents .(ses parents étaient des amis de mon père
ils avaient une charcuterie. Les Zlavnik.
Au juif je donne un coup de pied aux fesses et lui dis : » Saches qu'un juif peut aussi
être fort et  se battre. Je ne pouvais pas supporter l'injustice, je ne pouvais pas .

Il y a encore un fait : En 1936, j'étais déjà mariée et vivais à Varsovie il y eut presqu’un
pogrom. Ribbentrop et Göring sont arrivés  ( officiellement  chasser dans les
les forêts ) et avec eux une pléïade d'espions préparer  l'invasion de la Pologne.
En 36, une rumeur se répand, ( Les juif ont traité les Polonais  de  « Porcs Polonais«
Le peuple crédule, les paysans ,se mettent à couper les barbes des juifs, à les battre ,
leur faire toutes sortes de méchanceté.


Pendant ce temps les allemands espionnent . Personne ne sait que les avions sont cachés  sous l'eau, et bien avant l'invasion en 39, l'aviation  polonaise est détruite. Je travaillais  comme brodeuse et je me perfectionnais chez Singer  rue Machalovska, rue Sénatorska, et prenais du travail à domicile. Avec moi il y avait deux jeunes filles à qui j'apprenais le métier l'une d'elles était orpheline . Mon mari travaillait comme comptable.
Je gagnais 350 Zloty et lui 95 .
Un jour arrive chez moi une cliente de Zoliboz ( un nouveau village à 15 Km de Varsovie  où vivent les médecins ,les ingénieurs ,des professeurs, bref, la crème , l'élite de la Pologne. Pour aller dans ce village il y avait une ligne de tramway avec deux wagons.
Cette cliente me commande des parures à coudre et à broder mais ne me donne pas les  mesures. Elle me propose de venir chez elle pour les prendre, et qu'elle me donnerai un bon prix, ensuite nous repartirons ensemble pour Varsovie.
Je suis chez elle à 7 h du matin , prend les mesures et nous repartons en tramway.
Tous les voyageurs parlent des juifs. Les juif ceci, les juif cela, je me sens mal et en colère.
Je me lève et dis : » comme je vois, toute l'intéligence voyage ici , la crème du pays -
que cette crème soit à ce point aveugle qu'elle ne peut ouvrir son cerveau et comprendre que l
le Juif n'est pas fautif, qu'il a toujours été pourchassé, que l'allemand veut nous diviser
pour mieux nous espionner ( je ne sais d'où m'est venue cette Idée ) Mais sachez que le sang
juif se vangera pour toutes les injustices que vous lui faites subir.


          Les passagers du tramway se sont levés furieux,  j'ai senti qu'ils voulaient me jeter hors du
tramway en marche . Alors ma cliente chrétienne s'est levée, comme si elle ne me connaissait
pas et dit : Que voulez-vous d'elle ! Elle parle avec sa souffrance , Ce n'est pas la vérité ,
ce qu'elle dit ? Vous êtes tout de même des gens intelligents ! A l'arret je suis descendue
immédiatement alors que je devais descendre deux stations plus tard .
Je tremblais, j'arrive chez Fichl Wasserman un de nos meilleurs amis, il me regarde et
me demande ce qui m'est arrivé. Je lui raconte . » Andja kosak, tu paieras un jour ta hardiesse
de ta vie ! « Pourquoi tu réagis ? Je lui réponds que c'est plus fort que moi .
Voilà comment j'étais.

 

          Je vais vous raconter la famille de ma mère Altè khayè et celle de mon père Leïbich
Ma mère avait un frère – Guédalia – Il se maria avec une cousine : -Esther – Ils eurent
4 enfants . Une fille mourut à 7 ans d'une méningite.( Elle était née un an avant moi et
portait le même nom , ma date de naissance fut confondue avec la sienne . Je suis née en
1907 et déclarée de 1906.) restèrent 3 enfants . Le fils s'appelait Abè – Mayer, une fille
dont je ne me souviens plus du nom, et la 3ème Mindl.
Guédalia était tailleur,  son fils aussi mais plus doué que son père il se maria avec une fille
des - Kasarinskès – Ils furent très heureux et eurent des enfants «  je me souviens que d'un
fils «  La fille se maria avec un cousin – Goldberg – un menuisier, je ne me souviens pas de
leurs enfants. Mindl, la 3ème se maria avec un -Nachelski- il était cordonnier, ils étaient
heureux mais n'eurent pas d'enfants. Tous nos cousins vivaient à Wyszogrod. Ils n'étaient pas  
riches, mais à l'aise : comme avant. C'était du coté de ma mère.

 

Son père Abè-Mayer ainsi que le second frère du grand père, Yankel, aussi tailleur,
sont morts à 48 ans.
Ils étaient 6 enfants : Mon père – Leïbich l'ainé tailleur
Faygué – Mirl : était sage femme
Maylèkh – père du cousin Alex – tailleur
Moïchè – père du cousin Aaron, avait une boutique
( manufacture )
Ensuite venaient les jumelles :     Mindl-Dvoyrè
Roukhtchl
Comme la mère était veuve et dans le besoin, mon père prit une des jumelles
Mindl-Dvoyè (sa sœur) L'autre Roukhtchl fut ballottée d'une famille à l'autre puis placée
comme vendeuse où je ne sais quoi , dans une confiserie à Varsovie «  Chez Gritzenstern « 
Elle se maria à Chimè Zlotnik ? Ils avaient un café restaurant sur la place du Marché.
Mindl-Dvoyrè , fut mariée à un cousin David Goldberg Ils avaient un magasin de
meubles à Plock, ils eurent 4 où 5 enfants. Personne de cette famille ne survécut à la
guerre......Aucun......
Je sais que la femme de Guédalia, Esther, la belle sœur de ma mère avait une maman qui
eut une fille à 54 ans si Hitler ne l'avait pas déporté elle aurait vécu encore Longtemps.

Encore une chose, lorsqu'il �tait au lyc�e � Plock, il avait des amis dont un (L�bendniguer)�habitait Plock, mais pour payer un cin�ma, un op�ra c'�taient toujours mes fr�res qui payaient. Aux vacances les amis �taient toujours chez nous, mais il n'y avait pas de r�ciprocit�.
Mon fr�re � �t� dup� par beaucoup de gens. Il inventa le parapluie pliant, alla chez un agent�et lui montra son invention. Oui, dit l'agent �laisse-moi tes papiers pendant deux jours.
Et reviens, je te dirai si elle est accept�e.� Lorsque mon fr�re revint, il dit que son invention n'�tait pas accept�e. Quelques temps plus tard sortit dans le commerce son parapluie.
Il aurait pu faire un proc�s a cet agent mais il n'avait pas de preuves ni t�moins ni documents.
A Varsovie, avec un associ�, ils vendaient du lubrifiant pour machines, un vendeur les vola.�Ils firent faillite. Il demanda de l'aide � son ami L�bendniguer devenu entre-temps avocat,�qui refusa et lui tourna le dos.
Il y a une histoire: Deux amis se rencontrent au bout de 10 ans � 
� Eh ! Mendl comment �a va ?
Comme ci comme �a � Bon ben Mendl, on se verra une autre fois. � 
Puis il rencontre un autre copin �Yankl ! Comment �a va ? -

Tr�s bien � Viens au caf�, je te paye un verre. �
Les hommes sont comme �a maintenant. Je ne fais pas partie de ces gens, ce ne sont pas des hommes. Je ne les aime pas.

1

Marcus �tais en France, fit venir Rosette qui avait termin� le lyc�e � Plock avec son bac en poche, (elle voulait �tre m�decin). On l'envoyait en province mais pas � Paris. Marcus n'avait pas les moyens de lui payer ces frais ailleurs qu'� Paris.
Alors Rosette � travaill� dans les h�pitaux et prenait tous les petits boulots qui se pr�sentaient jusqu'� la d�claration de la guerre. Elle �tait tr�s active dans l'organisation sioniste (Khaloutza). En route j'avais oubli� Khava (Eva). Je laisse tomber Rosette et reviens � l'ordre de naissance.
Khava �tait tr�s dou�e pour les �tudes, eut son dipl�me de comptabilit�. Comme nous avions un magasin o� nous vendions des gramophones, disques, v�los, et r�parions toutes sortes de machines, m�me � coudre, elle s'en occupait
Mon p�re avait beaucoup de titres honorifiques: Il a �t� maire du village, greffier au tribunal, chef des pompiers. On l'appelait �le petit p�re des pauvres�; il �tait tr�s aim�.
Je me rappelle d'une affaire : entre un paysan et un m�tayer, la vache du paysan avait brout� l'herbe dans le champ du m�tayer. Mon p�re apr�s avoir pris connaissance de l'affaire, dit au juge �Que le paysan soit fautif o� non, je n'en sais rien, mais les pauvres on doit les aider�; Il dit au paysan d'aller voir un avocat (Zinger) de sa part, pour plaider son affaire. Il gagna le proc�s.
Il n'y avait pas un vendredi que mon p�re n'invitat 3 ou 4 pauvres manger chez nous. Le vendredi midi, le soir et samedi aussi. Lorsque c'�tait f�te , par exemple Pourim, il y avait une grande pauvret�, les gens allaient dans les maisons faire une offrande.
Une assiette recouverte d'un linge dans laquelle il y avait une bricole.
Ma m�re leur offrait de tout, � boire et � manger un peu d'argent. Nous avions chaque ann�e une vingtaine de visiteurs.

2

S'il y avait un mariage, mon p�re faisait dresser une table pour les pauvres dans la plus belle pi�ce. Voil� comment �tait mon p�re.
Maintenant je vais vous parler de l'enfance de mon p�re Le�bich. Il voulait aller � l'�cole, mais en ce temps les juifs pensaient que cela ne servait � rien. Son p�re voulait en faire un tailleur. Son seul soutien �tait sa m�re. Tous les jours elle le guettait � la sortie de l'�cole, prenait ses livres et les cachait sous l'escalier dans le sac de linge sale pour que son p�re ne les d�couvrit pas.
Malgr� cela, mon p�re finit les 3 classes de russe avec la m�daille d'or du Tzar. Comme nous avions une grande maison, et que la guerre �clata entre les Allemands et les Russes , elle fut r�quisitionn�e pour y loger un g�n�ral et un officier ( du r�giment de la Tzarine), et comme il y avait encore de la place, on y logea 5 cosaques de plus.
Comme nous vivions en bonne entente, nous sommes devenus presque des amis. Ils savaient que nous �tions Juifs. Te rends tu compte! Lorsqu'on � voulu envoyer les Juifs des petits villages � Varsovie, le g�n�ral s'y opposa. Il proposa � mon p�re de l'emmener en Russie comme intendant de son r�giment �parce qu'on a besoin de gens honn�tes comme toi�. Mon p�re r�pondit qu'il ne voulait pas laisser sa famille, �Mais tu la fera venir apr�s!�. Alors mon p�re d�clina l'offre.
Comme le g�n�ral et l'officier se trouvaient bien chez nous, ils nous dirent que nous avions encore le temps pour d�m�nager � Varsovie. Les cosaques furent envoy�s en en premi�re ligne au front. Un autre cosaque fut envoy� par sa logeuse voler du bois aux Juifs.

3

Il s'adresse � ma tante Dvoyr� � Donne du bois !� - � d'o� veux tu que je te donne du bois �
�Gueule de Juive donne tout de suite du bois !� Le G�n�ral l'a entendu, accourut en cale�on et demanda, � Qui t'a donn� cet ordre ? � - � Ma logeuse. � Elle �tait derri�re la porte. Lorsque le cosaque fut sorti avec fracas par le g�n�ral de la maison,il se vengea sur sa logeuse en la frappant sur la t�te pour qu'elle se souvienne du bois des juifs.
Quelques jours apr�s accoururent les 2 cosaques du front pour s'assurer que nous �tions vivants. En retournant au front ils furent tous les deux tu�s. Nous avions beaucoup de peine.....Mais que faire?
Jusqu'� pr�sent, le G�n�ral et l'officier voulaient nous garder le plus longtemps possible pr�s d'eux. Mais il y eut un grand bombardement. Le G�n�ral prit Rosette et Yacov sur lui, dans un bras, et moi par la main , nous conduire chez l'oncle Maylekh o� se sera plus tranquille. Arriv�s pr�s de l'�glise une bombe �clate, nous pensions que nous vivions nos derniers instants. Enfin nous arrivons � bon port sains et saufs.
Le lendemain le g�n�ral et l'officier nous conseill�rent de partir. Cela devenait trop dangereux. Alors nous sommes parti pour Varsovie.
Le voyage, je ne vous dis pas, fut �pique. Nous avions des chevaux qui ne voulaient pas avancer. L'oncle Maylekh, (p�re d'Aaron) prit les meilleurs chevaux, remplit la charrette de marchandise et partit. Nous laissant (la famille nombreuse) nous d�brouiller seuls sur la route.Nous arriv�mes sains et saufs � Varsovie Un de nos amis (le p�re d'Aaron Bilgora�) nous loua un appartement au 44 rue Guenche.
Imagine ce qu'est la Destin�e! Mon p�re est assis � table sur le balcon, on entend un petit bruit d'impact dans la vitre, nous sortons, pensant que se sont des voyous. Il n' y a personne.
C'�tait un tir allemand, il y avait un trou et une douille dans la couverture du lit pr�s de la t�te du lit o� p�re devait dormir. C'�tait en 1915. Quelques jours avant P�ques, nous rendent visite le g�n�ral et l'officier du r�giment de la Tzarine.Ne voyant pas ma m�re ni ma soeur, ils sont inquiets. Lorsqu'elles arriv�rent (elles �taient aux bains) ce fut avec joie et soulagement qu'ils les embrass�rent en disant que � des gens comme vous nous ne retrouveront plus.�
J'allais � l'�cole Peretz, Mais en 1916, on ne pouvait pas faire grand chose � Varsovie , alors nous sommes repartis. Sur la route, une fausse milice nous arr�te, vide notre charrette, nous prend tout. La grand-m�re �tait assise � l'arri�re, malade, elle ne s'est m�me pas aper�ue qu'on nous volait. Enfin nous rentrons � la maison � Wyszogrod.

4

Comme mon p�re �tait un agent de Singer, il devait de temps en temps encaisser de l'argent. Nous avions un cheval , un cabriolet conduit par Stechek (un ouvrier), et un chien qui s'appelait Matous. Avant la guerre il laisse le chien chez un ami � Botzanow (Chtzyguelsky). �Si je reviens vivant, je te paierai ce que tu demandes pour la garde du chien et je le reprendrai.� La premi�re chose que fit mon p�re fut d'aller � Botzanow r�cup�rer le chien. Lorsque le chien vit mon p�re il lui fit la f�te, on ne pouvait plus le s�parer de lui. � Maintenant que je suis revenu, dis moi combien je te dois pour la garde du chien et rends le moi. � - � Te le rendre ? Plut�t le tuer ! � - � Ne tue pas, nous allons nous d�partager au tribunal. Tuer une b�te, pourquoi ? � - � Je ne veux pas que le jugement ait lieu � Wyszogrod car tu y travailles. Je veux qu'il soit � Plock. �
Mon p�re dit � Stechek �Va voler le chien, am�nes le au tribunal � Plock, il sera le meilleur t�moin.� Chzyguelsky ne savait pas qu'on avait vol� le chien, il arrive au tribunal, donne ses arguments. Le tour de mon p�re arrive: Il dit qu'il lui confia le chien au cas o� il ne reviendrait pas et lui proposa de lui payer ce qu'il demandait pour sa garde. Il ne voulut pas le lui rendre, plut�t le tuer. �Si vous voulez savoir � qui le chien appartient, introduisez-le au tribunal.�
D�s que le chien vit mon p�re il lui sauta dessus.
Le juge dit - �Maintenant que je sais � qui appartient le chien, si tu t'avises � faire du mal a Gmach o� au chien, tu auras � faire � la justice . Tu aurais pu �tre pay�, maintenant tu n'auras rien, tu as tout perdu.�
C�tait en 1916.

Maintenant à propos de mes frères et sœurs – Nous étions 6 enfants:

  • L'ainée Esther – Fayguè , n'était pas une élève très brillante. Elle termina l'école primaire, ne voulut pas continuer les études. Pour être belle, elle était belle. Elle s'est fiancée à Itzik Dimant, sa famille avait une huilerie. Ils broyaient du soja, des noix etc avec un cheval qui tournait une grosse roue – comme avant. Mon beau frère était un naïf, se faisant exploiter par son frère et son père. Il travaillait comme le cheval, et eux encaissaient l'argent
    Le frère a construit une maison
    Le père menait la grande vie et Itzik, travaillait.
    Ma mère les avait sur le dos : Ils habitaient chez nous avec les enfants, elle leur avait donné la maison de son père, mais tous les repas se prenaient chez nous.
    Ils eurent 3 enfants 2 fils, une fille .
    1er Nathan ( Noussn ) 2ème Abè-Mayer, la 3ème Dvoyrè .
  • Abè-Mayer : dit Marcus était une tête, une tête en or, mais il boitait un peu. A l'accouchement la sage femme tira un peu fort sur la cheville du bébé. Ma mère voulut l'opérer, mais pour son fils, mon père ne voulut pas prendre ce risque.
    Un jour Marcus rentre de l'école et dit qu'on l'appelle le boiteux, ma mère se met à pleurer.
    Il l'embrasse pour ne pas qu'elle pleure et lui dit «  En quoi ça te gène qu'on m'appelle le boiteux, la jambe est tordue mais la tête est droite. C'est ça l'important « 
    C'était un fils merveilleux Marcus. Il finit ses études au lycée à Plock et partit étudier à Varsovie pour être ingénieur. Ma mère voulait qu'il soit docteur. Il dit : «  Maman, si vous étiez riche, je ne dirais pas non, Mais si je deviens docteur ? Où va-t'on m'envoyer ?
    Dans un petit village où vivent les pauvres gens qui n'auront pas d 'argent pour me payer la visite, et je devrai encore leur payer les médicaments.- Vous n' êtes pas assez riches pour ça. »
    Il finit la moitié du doctorat.
    Encore une chose, lorsqu'il était au lycée à Plock, il avait des amis dont un ( Lébendniguer )
    il habitait Plock, mais pour payer un cinéma, un opéra c'étaient toujours mes frères qui payaient. Aux vacances les amis étaient toujours chez nous, mais il n'y avait pas de réciprocité.
    Mon frère à été dupé par beaucoup de gens . Il inventa le parapluie pliant, alla chez un agent
    et lui montra son invention. Oui, dit l'agent «  laisse moi tes papiers pendant deux jours.
    Et reviens, je te dirai si elle est acceptée. » Lorsque mon frère revint, il dit que son invention
    n'était pas acceptée. Quelques temps plus tard sortit dans le commerce son parapluie.
    Il aurait pu faire un procès a cet agent mais il n'avait pas de preuves ni de témoins ni
    les documents.
    A Varsovie, avec un associé, ils vendaient du lubrifiant pour machines , un vendeur les vola.
    Ils firent faillite. Il demanda de l'aide à son ami Lébendniguer devenu entre temps avocat,
    qui refusa et lui tourna le dos.
    Il y a une histoire : Deux amls se rencontrent au bout de 10 ans - » Eh ! Mendl comment ça va ? Comme ci comme ça – Bon ben Mendl, on se verra une autre fois. » 
    Puis il rencontre un autre copin «  Yankl ! Comment ça va ? - Très bien – Viens au café ,
    je te paye un verre . » Les hommes sont comme ça maintenant. Je ne fais pas partie de ces gens , ce ne sont pas des hommes . Je ne les aime pas.